Vénérable Délia Tétreault :
La femme qui a embrassé le monde entier
Née le 4 février 1865 à Marieville, Québec (Canada), la vie de Délia Tétreault a été marquée par le mystère de la fragilité dès son tout premier souffle. Elle est venue au monde avec un frère jumeau qui, malheureusement, est décédé seulement quelques mois après sa naissance. La tristesse rendit visite à sa famille lorsque, à seulement deux ans, Delia perdit sa mère. Malgré ces pertes précoces et sa propre santé fragile, elle possédait un esprit indestructible. Bien qu'elle n'ait jamais quitté physiquement sa terre natale, son cœur universel l'a conduite à fonder le premier institut missionnaire des Amériques: les Sœurs Missionnaires de l'Immaculée Conception (MIC).


La semence d’un rêve missionnaire
Orpheline de sa mère à l’âge de deux ans, Delia fut recueillie par sa tante et son oncle, qui lui offrirent un foyer profondément chaleureux et chrétien. C’est dans le grenier de cette maison que la petite Delia découvrit des histoires de missions dans les journaux de la Propagation de la Foi et de la Sainte Enfance. Ces lectures allumèrent en elle une flamme qui ne s’éteindrait jamais.
Vers l’âge de dix ans, elle fit un rêve prophétique : elle vit un immense champ de blé où les épis se transformèrent soudainement en visages d’enfants de toutes les nations. Elle a compris, en même temps, qu’elles représentaient des enfants des pays non évangélisées. Elle fut frappée par ce rêve qu’elle racontera 50 ans plus tard.
La recherche et la fondation
Dans sa jeunesse, Délia sent un vif attrait pour la vie religieuse. Elle sentait que Dieu la voulait toute à Lui. Possiblement, sa santé fragile ferma pour elle les portes du Carmel. Plus tard, elle demeurera deux mois comme postulante chez les Sœurs de la Charité de St- Hyacinthe. Cependant, ces épreuves n’ont fait que purifier sa vocation et confirmer que Dieu avait un autre plan pour elle.


Après des années de discernement et de prière constante, son rêve missionnaire prit forme. Avec la bénédiction de l’Église par l’approbation du pape Pie X, l’Institut fut officiellement né. Après avoir prononcé ses vœux, Delia prit le nom de Marie du Saint-Esprit, reflétant son désir d’être totalement docile face à l’action divine, tout comme l’était la Vierge Marie.
Spiritualité : un chant d’action de grâces
La vie intérieure de Mère Délia peut se résumer à une attitude constante de reconnaissance. Sa spiritualité était profondément enracinée dans la gratitude, vivant sa vie quotidienne comme un long Magnificat.
À travers ses écrits et ses nombreuses lettres adressés à ses sœurs, elle insistait toujours sur le fait qu’elles devaient être des femmes animées par l’esprit d’action de grâces. Elle leur rappelait sans cesse : « Que la reconnaissance remplisse votre vie, qu’elle déborde. C’est la première fin de notre Institut : remercier Dieu pour ceux qui ne le remercient pas, puis, comme témoignage de notre gratitude, lui donner des âmes, le faire connaitre par tous les peuples.


Un héritage qui perdure
Mère Delia est partie pour la Maison du Père le 1er octobre 1941, à Montréal, laissant derrière elle une famille missionnaire florissante dispersée à travers l'Asie, l'Afrique et les Amériques. Le 18 décembre 1997, le pape Jean-Paul II a reconnu la nature héroïque de ses vertus et l'a déclarée Vénérable.
Aujourd'hui, sa cause de béatification se poursuit, soutenue par les prières et les faveurs accordées à ceux qui sollicitent son intercession. Sa vie continue de nous inviter à nous demander : comment pouvons-nous être des missionnaires d’espérance et de joie dans notre propre réalité?
